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Zéaxanthine

Zéaxanthine

(3R,3'R)-Zeaxanthin · β,β-Carotene-3,3'-diol · E161h

PhytonutrimentsStress oxydatif

La zéaxanthine est un pigment végétal jaune que l'oeil accumule au centre exact de la fovéa, le point de la rétine qui porte la vision la plus fine. Elle voyage toujours avec la lutéine, et c'est sur le couple que portent les mesures. L'effet le mieux établi est le dépôt lui-même : une synthèse de quarante-six études, chez des adultes aux yeux sains, relève une densité de pigment plus élevée après trois à douze mois, et le gain croît avec la dose. Viennent ensuite deux mesures de confort visuel, plus modestes et cohérentes entre elles. Les essais rapportent une récupération plus rapide de la vision après un éblouissement, et une meilleure discrimination des contrastes de couleur. Ce dépôt s'amenuise avec les décennies, et l'organisme ne fabrique ni l'un ni l'autre des deux pigments. Maintenir un apport régulier vise à soutenir le capital visuel sur la durée.

Dernière mise à jour : 12 août 2026

Mécanisme d'action

La zéaxanthine et la lutéine sont des isomères : même formule brute, même masse, une seule double liaison placée ailleurs sur un cycle terminal. Ce détail de structure suffit à changer leur destination dans la rétine.

Transportée par les lipoprotéines, ces navettes à graisses du sang, la zéaxanthine gagne la macula, où une protéine de liaison la retient sélectivement. Elle se concentre au centre de la fovéa, là où les cônes, les cellules de la vision des couleurs et du détail, sont le plus serrés. La lutéine, elle, domine en périphérie. Ce tri explique qu'un pigment présent en traces dans l'assiette atteigne dans la macula une concentration très supérieure à celle du plasma.

Sa longue chaîne de doubles liaisons alternées absorbe la lumière entre 400 et 500 nm, la bande la plus énergétique du spectre visible. C'est une propriété optique de la molécule, mesurée au laboratoire. La même chaîne réagit en tube à essai avec les espèces réactives de l'oxygène, ces molécules instables que produit le métabolisme.

Chez l'humain, ce qui se mesure est le dépôt : la densité optique du pigment maculaire, lue sans prélèvement. Elle monte lentement, sur plusieurs mois, et dépend des graisses du repas qui accompagne la prise.

Bénéfices clés

  • Modéré

    Un pigment maculaire plus dense : chez des adultes aux yeux sains, une synthèse de quarante-six études (3 189 participants, âge moyen 43 ans) mesure une densité optique en hausse de 0,04 unité entre 5 et 20 mg par jour de lutéine et zéaxanthine, et de 0,11 unité au-delà de 20 mg, sur trois à douze mois.

  • Modéré

    Une vision qui revient plus vite après un éblouissement : chez 115 adultes jeunes et sains, un an à 10 mg de lutéine et 2 mg de zéaxanthine par jour raccourcit le temps de récupération face au placebo. Deux méta-analyses le confirment, dont une qui chiffre le gain à 2,35 secondes.

  • Modéré

    Une meilleure discrimination des contrastes de couleur : un essai contre placebo mené chez 115 adultes jeunes et sains, avec 10 mg de lutéine et 2 mg de zéaxanthine par jour pendant un an, mesure un contraste chromatique amélioré.

Dosage & formes

Deux isomères circulent sous le nom de zéaxanthine. Celui de l'alimentation, dit trans, vient du maïs, des poivrons jaunes et du jaune d'oeuf. Le second, la méso-zéaxanthine, est quasiment absent des assiettes et s'obtient par transformation de la lutéine.

Les essais qui ont administré la zéaxanthine isolée ont travaillé entre 8 et 20 mg par jour, sur six à douze mois. Ceux du couple en donnent 2 mg avec 10 mg de lutéine, un rapport voisin de celui de l'alimentation, estimé autour de cinq pour un.

Les doses des synthèses se lisent sur le total lutéine plus zéaxanthine, puisque les deux arrivent ensemble. En dessous de 5 mg par jour, une synthèse de quarante-six études ne relève pas de variation nette du pigment maculaire. Sa strate de 5 à 20 mg mesure un gain de 0,04 unité de densité optique, et sa strate supérieure à 20 mg un gain de 0,11 unité. Les durées observées vont de trois à douze mois, le temps que le dépôt atteigne son palier.

Côté sécurité, la dose journalière admissible retenue par l'autorité européenne correspond à environ 53 mg par jour chez un adulte de 70 kg.

Dans la formule Singular

Motif d'inclusion

Caroténoïde de la famille des xanthophylles, isomère de la lutéine dont il ne diffère que par la position d'une double liaison. Cette nuance de structure décide de sa destination : la zéaxanthine se dépose au centre de la fovéa, la zone de la rétine où les cônes sont les plus denses, quand la lutéine occupe la périphérie de la macula. Les deux forment ensemble le pigment maculaire, et les deux voyagent ensemble : la même matière première les apporte dans un rapport voisin de celui de notre alimentation. C'est aussi le rapport qu'ont administré les essais de référence, ce qui rend leurs résultats directement lisibles. La densité de ce pigment se mesure chez l'humain sans prélèvement, et elle s'élève avec l'apport : c'est la grandeur sur laquelle repose l'essentiel des essais. L'organisme ne synthétise pas la zéaxanthine. Les apports relevés chez l'adulte européen restent nettement inférieurs aux doses des essais.

Forme sélectionnée

Actif breveté

XanMax® 2505 est la matière première porteuse, un extrait de fleurs de Tagetes erecta obtenu à l'hexane et à l'éthanol selon un ratio d'extraction de 400:1. Les cristaux de xanthophylles y sont formulés avec de la dextrine, de la gomme d'acacia et des tocophérols, qui freinent l'oxydation du pigment. Une seule pesée apporte la lutéine et la zéaxanthine, dans le rapport que fixe le titrage de la matière : au moins 25 % de lutéine et 5 % de zéaxanthine.

Dosage dans la formule

0 à 4 mg.

Dose exprimée en substance active, hors excipients et supports de la matière première.

Synergies dans la formule

La zéaxanthine et la lutéine forment ensemble le pigment maculaire, et la même matière première les délivre toutes les deux. La zéaxanthine se dépose au centre de la fovéa, la lutéine en périphérie de la macula. Cette répartition est celle de l'oeil humain, et le rapport dans lequel les deux arrivent est celui qu'ont administré les essais de référence. L'astaxanthine complète ce duo par sa localisation : elle se loge dans la paroi grasse des cellules, quand les deux xanthophylles se déposent dans la macula. Les trois appartiennent à la même famille de pigments, les caroténoïdes. Les oméga-3 (EPA+DHA) apportent les acides gras qui composent les membranes des photorécepteurs, ces cellules qui convertissent la lumière en signal nerveux. Ils fournissent aussi la matière grasse qui facilite l'absorption des caroténoïdes, tous liposolubles. Le zinc se concentre naturellement dans la rétine, où il participe au métabolisme de la vitamine A.

Sécurité & précautions

La zéaxanthine dispose d'un recul d'usage important. L'essai AREDS2 a suivi plus de quatre mille adultes pendant cinq ans sous 10 mg de lutéine et 2 mg de zéaxanthine, sans effet indésirable notable attribué à cette association.

Les évaluations de sécurité laissent des marges larges. La dose journalière admissible retenue par l'autorité européenne correspond à environ 53 mg par jour chez un adulte de 70 kg. Un comité international a fixé de son côté une valeur commune à la lutéine et à la zéaxanthine, plus permissive encore.

Une supplémentation prolongée en caroténoïdes peut donner à la peau une teinte jaunâtre appelée caroténodermie. Le phénomène est bénin et se dissipe à l'arrêt.

La zéaxanthine n'est pas convertie en vitamine A par l'organisme, ce qui écarte le risque d'accumulation propre au rétinol. Elle appartient à une autre famille que le bêta-carotène, auquel les grands essais oculaires l'ont substituée, et l'autorité européenne juge improbable qu'elle présente le même profil de risque chez le gros fumeur. Les médicaments qui réduisent l'absorption des graisses peuvent réduire aussi celle des caroténoïdes.

Pendant la grossesse ou l'allaitement, la formule limite le couple à 10 mg de lutéine et environ 2 mg de zéaxanthine par jour.

Études scientifiques

AuteursAnnéeTypeJournal

The Effect of Lutein/Zeaxanthin Intake on Human Macular Pigment Optical Density: A Systematic Review and Meta-Analysis

Quarante-six études, 3 189 adultes aux yeux sains, résultats stratifiés par dose. En dessous de 5 mg par jour, aucune variation nette. De 5 à 20 mg, la densité du pigment maculaire gagne 0,04 unité ; au-delà de 20 mg, 0,11 unité. Force de preuve qualifiée de modérée par les auteurs.

A double-blind, placebo-controlled study on the effects of lutein and zeaxanthin on photostress recovery, glare disability, and chromatic contrast

Cent quinze adultes jeunes et sains, 10 mg de lutéine et 2 mg de zéaxanthine par jour pendant un an. Le contraste chromatique et le temps de récupération après éblouissement progressent face au placebo, et la densité du pigment maculaire augmente à toutes les excentricités mesurées. La gêne à l'éblouissement, elle, n'évolue pas significativement dans le groupe supplémenté.

Effect of Antioxidant Supplementation on Macular Pigment Optical Density and Visual Functions: A Systematic Review and Network Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials

Trente-huit essais contrôlés comparés en réseau. Tous les groupes supplémentés élèvent la densité du pigment maculaire et le contraste à basse fréquence spatiale, sans gain aux fréquences normale et haute. L'association lutéine plus zéaxanthine est la seule à raccourcir significativement le temps de récupération après éblouissement. Les auteurs qualifient le niveau de preuve de faible.

Effect of xanthophyll-rich food and supplement intake on visual outcomes in healthy adults and those with eye disease: a systematic review, meta-analysis, and meta-regression of randomized controlled trials

Quarante-trois articles retenus, vingt-cinq poolés. L'apport en xanthophylles élève la densité du pigment maculaire par les deux méthodes de mesure et raccourcit de 2,35 secondes le temps de récupération après éblouissement. Le gain d'acuité visuelle n'apparaît que chez les personnes présentant une atteinte oculaire, pas chez l'adulte au regard sain.

Xanthophyll accumulation in the human retina during supplementation with lutein or zeaxanthin - the LUXEA (LUtein Xanthophyll Eye Accumulation) study

Le seul programme à avoir donné la zéaxanthine seule face à la lutéine seule et à leur association, à 10 ou 20 mg par jour pendant six à douze mois. Les concentrations plasmatiques montent jusqu'à vingt-sept fois. La zéaxanthine élève la densité du pigment de 14 % après correction, mais elle se dépose sur une aire rétinienne plus large que la lutéine, ce qui a compliqué la mesure.

Randomized, double-blind, placebo-controlled study of zeaxanthin and visual function in patients with atrophic age-related macular degeneration: the Zeaxanthin and Visual Function Study (ZVF)

Soixante adultes de 75 ans en moyenne, présentant une atteinte maculaire atrophique légère à modérée, suivis un an sur trois bras : 8 mg de zéaxanthine, 8 mg de zéaxanthine avec 9 mg de lutéine, ou 9 mg de lutéine seule. La densité du pigment monte dans les trois groupes, sans différence entre eux. Le bras qui recevait les deux caroténoïdes à doses proches, un rapport éloigné de celui de l'alimentation, est celui où le pigment progresse le moins : les auteurs y voient une compétition d'absorption.

Changes in Macular Pigment Optical Density and Serum Lutein Concentration in Japanese Subjects Taking Two Different Lutein Supplements

Trente-six volontaires sains, randomisés en double insu entre deux extraits d'oeillet d'Inde, dont XanMax®, la matière retenue par Singular, qui apportait 1,29 mg de zéaxanthine par jour. Après six mois, la densité moyenne du pigment maculaire n'augmente pas de façon significative dans l'un ou l'autre groupe, et la sensibilité aux contrastes reste stable. L'essai compare deux produits sans bras placebo, sur dix-huit sujets par groupe.

Lutein + zeaxanthin and omega-3 fatty acids for age-related macular degeneration: the Age-Related Eye Disease Study 2 (AREDS2) randomized clinical trial

Quatre mille deux cent trois adultes de 50 à 85 ans, cinq ans de suivi, 10 mg de lutéine et 2 mg de zéaxanthine ajoutés à la formulation que recevaient tous les participants. L'analyse primaire n'atteint pas la significativité sur la progression vers la forme avancée (HR 0,90 ; P = 0,12). L'apport de l'essai est ailleurs : il a permis de remplacer le bêta-carotène, dont le suivi montrait un surrisque pulmonaire chez l'ancien fumeur.

Questions fréquentes